Zonage ATEX : commencer par les sources de dégagement
Un atelier ne se classe pas uniquement d’après son secteur d’activité. Repérez les équipements fermés, les points de remplissage, les purges et les rejets. Décrivez ce qui se passe pendant la production, mais aussi lors d’un nettoyage ou d’un arrêt. La fiche des substances doit correspondre aux produits effectivement présents. Le périmètre de l’étude ATEX permet de regrouper ces informations avant de discuter des limites de zones.
Décrire les sources de dégagement
Recensez les ouvertures de réservoirs, les raccordements, les transferts, les évents et les points de prélèvement. La fiche de données de sécurité fournit des caractéristiques du produit, mais le procédé précise comment il est utilisé. Température, pression et mode de transfert peuvent changer le dégagement.
Distinguer fréquence et durée
Les zones 0, 1 et 2 concernent les gaz, vapeurs ou brouillards inflammables. L’INRS expose leur distinction selon la fréquence et la durée de présence d’une atmosphère explosive. La zone 0 correspond à une présence permanente, longue ou fréquente ; la zone 1 à une présence occasionnelle en fonctionnement normal ; la zone 2 à une présence non attendue en fonctionnement normal, mais de courte durée si elle survient.
Lire les classes sans attribuer un rayon universel
| Zone | Atmosphère | Fréquence et durée | Catégories usuelles |
|---|---|---|---|
| 0 | Gaz, vapeurs ou brouillards | Présence permanente, fréquente ou de longue durée | 1 G |
| 1 | Gaz, vapeurs ou brouillards | Présence occasionnelle en fonctionnement normal | 2 G ou 1 G |
| 2 | Gaz, vapeurs ou brouillards | Présence improbable en fonctionnement normal ; courte durée si elle apparaît | 3 G, 2 G ou 1 G |
| 20 | Nuage de poussières combustibles | Présence permanente, fréquente ou de longue durée | 1 D |
| 21 | Nuage de poussières combustibles | Présence occasionnelle en fonctionnement normal | 2 D ou 1 D |
| 22 | Nuage de poussières combustibles | Présence improbable en fonctionnement normal ; courte durée si elle apparaît | 3 D, 2 D ou 1 D |
Ces correspondances sont les critères usuels du groupe II. L’article 16 de l’arrêté du 8 juillet 2003 prévoit des dispositions contraires dans le DRPCE uniquement lorsqu’elles sont fondées sur l’évaluation des risques. Elles doivent être justifiées pour le matériel et son usage ; la seule présence d’une catégorie différente ne suffit pas à conclure.
Source : Arrêté du 8 juillet 2003, article 16.
Le tableau détaillé des zones ATEX explique les six classes. Pour un emplacement en zone ATEX 0, la présence du mélange est permanente, fréquente ou prolongée. La classe ne dit pas à elle seule jusqu’où s’étend le volume. Des hypothèses différentes de confinement ou de ventilation demandent une justification différente.

Examiner la ventilation disponible
Le débit annoncé d’un ventilateur ne démontre pas le captage à la source. Les entrées d’air, les obstacles et les points bas ou hauts peuvent influer sur la dispersion. Demandez les données de conception et les vérifications récentes, puis précisez les configurations de portes et les variations de production.
Produire des plans utilisables
Le plan doit permettre de localiser la source, le volume classé et les équipements situés dans ce volume. Un plan en vue de dessus peut être complété par des coupes lorsque la dimension verticale compte. Les hypothèses de température, d’émission ou de ventilation doivent être retrouvables dans le dossier.
Distinguer gaz, poussières et situations de maintenance
Les couches de poussières peuvent alimenter une nouvelle mise en suspension. Le classement doit donc regarder les dépôts et les habitudes de nettoyage, pas seulement le nuage visible à un instant donné. Consultez la préparation des essais et du zonage des poussières explosives. Les travaux inhabituels demandent une analyse propre ; une installation arrêtée n’est pas automatiquement exempte d’atmosphère explosive.
- Séparer les situations de production des interventions qui changent les conditions.
- Identifier les limites du dossier et les appareils mobiles concernés.
- Faire décrire les règles de maintien des hypothèses retenues.
Recevoir le plan et sa justification
Demandez une restitution qui rapproche chaque repère du plan d’une source de dégagement et d’une configuration d’exploitation. Le plan de zonage ATEX annoté détaille les livrables à demander. Les limites, volumes et coupes doivent rester compréhensibles pour les équipes qui achètent le matériel ou préparent une intervention. Vérifiez que la version du plan correspond à la visite et que les données manquantes sont identifiées.
Questions sur votre projet
Le zonage suffit-il à constituer le DRPCE ?
Non. Il représente une partie du dossier : l’évaluation, les mesures et l’organisation sont aussi à documenter selon R4227-52.
Peut-on reprendre le zonage d’une machine similaire ?
Il peut servir de point de comparaison. Les produits, les opérations et les conditions propres à votre installation doivent être examinés.
Sources officielles
Approfondir votre projet
Articuler les volets de votre projet
Le projet rapproche Étude ATEX, DRPCE, Réglementation ATEX. Vérifiez dans le devis les parties incluses et les livrables à recevoir pour votre installation.
Cas de l’hydrogène
Décrire le circuit et ses états
Préparez un schéma avec les équipements, les raccordements, les volumes et les pressions prévues. Séparez les phases de démarrage, de régime établi, de purge et d’arrêt. Indiquez où des opérateurs interviennent et quelles ouvertures sont possibles.
Choisir les matériels à partir du besoin
Le marquage doit être rapproché du gaz, de la zone, des conditions ambiantes et du mode de protection. Un équipement simplement présenté comme ATEX ne répond pas à toutes les utilisations. Demandez la référence exacte, la déclaration de conformité et les conditions particulières du certificat lorsqu’elles existent.